Départ de Jacaré Brésil

Un départ précipité de Jacaré car le courant de marée est très fort là bas si on ne part pas à temps. Au revoir chaleureux mais même pas d’embrassades, la passerelle est déja levée, les amarres arrières enlevées, c’est le bazard sur le pont, je rentre ce que peux en vrac à l’intérieur, tout est mouillé … on verra après. Hésitations pourtant car les conditions météo sont les pires que nous ayons vu depuis notre arrivée. Il s’agit de l’étendu des calmes, le « Pot au noir », zone autrefois maudites pour les grands voiliers qui restaient des jours encalminés avec toutes les conséquences. Chez les anglais, ce sont les « horses latitudes » car ils jetaient les chevaux à la mer pour garder l’eau à boire pour les marins. Donc, fait original, nous partons sans cap précis car nous ne savons pas encore où nous allons en destination finale ni surtout où passer au mieux cette bande de calmes redoutée et qui va loin d’est en ouest. Nous avons pensé mouiller à Fernanho de Norohna et attendre l’évolution de la météo. Mais il faisait nuit, avec de forts grains…. Nous sommes dans le laisser faire, nous attachant à avoir l’allure la plus confortable pour le bateau et nous. Notre petite vie à deux s’organise fort bien. Nous préservons notre énergie en jouant plus sur le cap que sur les voiles, moins fatiguant… un grain ? on abat et voilà ! Nous avons tout le temps devant nous. Tous les caps nous vont, nous n’en avons aucun précis. Original !

Sédentarisés

Et nous voilà bien sédentarisés dans ce coin de Brésil un peu perdu au bord d’un petit fleuve dont l’eau monte et descend très fortement, laissant à marée basse des milliers de petits crabes sortir de leurs trous et faire de drôles de danses avec leur unique grosse pince, bien haute levée, comme des manifestants  le feraient très élégamment avec leur poing.

Notre maison est au bout du ponton jaune, voici un mois que nous sommes là, un peu « chez nous ».

Les devoirs administratifs divers nous ont retenus ici et nous retiennent encore.

Une vague de nouveaux bateaux est arrivée. Retrouvailles, découvertes, jours après jours, les relations grandissent, les échanges en tout genre fonctionnent bien, les oiseaux chantent toute la journée, les divers marchés sont parcourus, la vie est paisible, restent les moustiques à qui l’on donne à manger notre sang régénéré à l’eau de coco dont nous faisons grande consommation.

La question météo est très présente. Rémy nous initie au dernier cri :  Wheather 4 D, des cartes satellites téléchargeables instantanément (Ovitalmaps) , mais il nous manque un système pour en bénéficier au large. Pas grave on compense autrement, le but étant d’avoir la position et le déplacement des grands centres sur l’Atlantique nord.

Notre route se précise. Les Antilles sont abandonnées, ce sera l’Europe au plus court. Selon les vents, les Açores, Madeire, ou pourquoi pas Cadix si le vent nous y amène.

Ou alors, une île perdue avec des cocotiers, bananiers, papayers, manguiers …  citronniers et poissonniers. Bref, espérons que la pêche va reprendre ….

Le 1er mai, Kalomina à toutes et tous.

Jacaré.

Le 12 ème jour était un poisson d’avril

Jacaré, Brésil. Dimanche 23 avril.

En relisant cette petite new du 12 ème jour, je ne me rappelais plus bien le goût de ce Mahi Mahi. Et, oui, un fantasme de pêcheurs et un vrai poisson d’Avril !

Pas une seule prise entre Cape Town et le Brésil. Mais cela va changer, nous avons mis cela dans notre programme Brésil Europe.

Le départ se profile.

Demain matin, formalités de sortie du territoire ….

complément d’avitaillement bien commencé hier matin au petit marché de Bessa à 6h30 du matin

et en route pour ….  pour ….  l’océan Atlantique.

Pour rallier l’Europe, les vents font passer la route par les Açores. Donc soit en gros, 3300 milles pour un direct d’ici avec la saison qui est encore un peu tôt en rapport avec la situation des dépressions (les navigateurs habitués sur cette route disent de partir mi mai).

Mais la situation météorologique actuelle a peut être aussi des avantages …

En passant par la Martinique, un peu moins de 2000 milles avec le plaisir d’avoir un courant favorable pouvant aller jusqu’à DEUX nœuds. Faire la route avec Wunjo, retrouver Fleur de Sel et Ralph Rover, et repartir sur les Açores en retrouvant Williwaw. C’est la route des amis et surtout avec des distances de 1000 milles de moins d’un coup. Comme nous partons tous les deux, cela peut être intéressant ….

Bon, on va geeker la météo à partir d’aujourd’hui.

En attendant, nous nous préparons …

12ème jour

Et voici notre douzième jour de mer depuis Sainte Helena. Un Atlantique tranquille, souriant, avec des nuits comme on les rêves, à contempler la grande ourse à l’envers et sur l’horizon, Jupiter, notre galaxie avec une voie lactée si puissante quand la lune s’est couchée. Peut être demain la terre …. Et pour couronner nos efforts de 12 jours à mettre une ligne de traîne, puis deux, puis trois, changeant la couleur des appats, ce matin, enfin, il était temps un splendide mahi mahi de plus d’un mètre 20 de long.
Toujours un peu désolés de voir une telle merveille à nos pieds, finalement inerte, ayant perdu toute sa robe multicolore, mais bon, nous le remercions et bientôt le réfrigérateur se remplit. Demain dimanche,
le Brésil, une autre histoire …
Le bord par 7°11 S 33°06W.

Saint-Helena

Nous voici arrivés hier à 13 heures TU. Des abords hostiles, des falaises arides, vraiment pas très attirante l’île. Mais l’accueil maritime fonctionne bien. Comme annoncé par un long mail de Fleur de Sel, Radio Port Control contacté par VHF nous attribut rapidement la bouée N°12. Puis Ferry Services vient nous prendre pour nous amener à terre. Vu les conditions sportives de débarquement et l’impossibilité de laisser une annexe vu le fort ressac, c’est avec ce petit bateau que nous gagnons la terre avec l’impératif de rentrer à bord au dernier passage à 18 h !
Pas de pub, chacun chez soi puisque pas de passage d’un bateau à un autre comme le veut la tradition des mouillages. Cette île va sûrement nous surprendre, 4000 personnes sur un cailloux si loin de tout, sans aucune île à proximité sinon l’Ascension, les Faklands et ….. l’Angleterre.
Mercredi 15 mai 2017.

Messages

Merci pour vos messages, ils sont arrivés en même temps que le soleil.

Pas encore de poisson au bout de la ligne, sans doute pas assez sportifs pour notre vitesse. Les derniers poissons volants récoltés ont bien été mangé en aïoli. Un peu carême côté quantité mais qualité avec une mayonnaise qui, ne voulant pas monter, a fait très bon effet avec les deux derniers avocats super murs écrasés. Et on a vu un panier flotter sur l’eau. Ramdam, manœuvre d’homme à la mer, et on a trouvé dans le joli panier une super bouteille de vin blanc toute fraîche pour trinquer à notre santé à tous. C’est pas beau la vie ?

Retour,

De retour, tout est de retour. Les couleurs bleues, le soleil, l’argenté sur les vagues, l’écume blanche, la lumière, le bonheur et même la ligne de pêche à l’eau sont de retour. Le cap est direct pour Sainte-Hélène, peut être un petit empannage de réajustement et hops, elle est à 150 milles de là, toute proche. A une vitesse de 8,9 nœuds, si tout va bien … demain … On regarde les formalités à accomplir à notre arrivée, nous sortons de notre léthargie grise. A l’intérieur, les jeux de lumières reprennent leurs incessants mouvements sur les parois en bambou, tout revit. Youpi !

Objectif Sainte-Hélène

Notre objectif depuis Cape Town se fait attendre. L’Atlantique est gris, d’un gris que nous ne connaissions plus depuis tant de milles, tant d’années. Et le vent nous contraint à empanner régulièrement, allongeant notre route qui n’en finit pas. Pourtant nous marchons à bonne vitesse, sans courant contraire, mais déjà 10 jours de mer pour 1350 milles en route directe et 1650 milles sur l’eau.

Alors Yves et Chams étudient les nœuds marins, je rapièce un pantalon plein de gros trous, et notre préoccupation principale est de savoir ce qu’il y a au prochain menu.

Les quarts de trois heures rythment tout cela parfaitement, plusieurs manœuvres par jour, toujours les mêmes, empannage, changement de foc, prendre un ris, larguer un ris, nous sommes dans un temps sans fond, ballottés gentiment à longueur de journée. La nuit, nous ne sommes pas autorisés à contempler la lune. Pas de soleil, pas d’étoiles, pas de lune, un espace vide sans fin. Pas d’oiseau, pas de dauphins, juste des poissons volant morts sur le pont le matin. Mais sommes nous vivants ? Allo, y a t il quelqu’un au bout de la terre ? Ou étes vous ?

Du vent

Nous avons du vent, environ 25 nœuds de vent et un grosse mer, la nuit nous prenons le 3eme ris, dans la journée 2 ris trinquette, ça avance tout seul. Il nous arrive fréquemment d’atteindre les 10 nœuds. Nous avons empanné ce matin.

Hier nous avons vu un Albatros qui a tourné autour du bateau sans bouger ses ailes; il était merveilleux. Yves nous a fait a midi des tomates farcies avec des saucisses d’autruche, un régal et ce soir une tarte aux pommes. Demain, c’est mon tour et cela bouge pas mal. La cuisine, c’est du sport ! Tout va bien à bord et surtout il fait meilleur, on va ranger les pulls.

En mer

Ca y est,nous avons lâché Cape Town et retrouvé le large. Départ difficile tant ce gros rocher agissait comme un aimant. Aux derniers moments se déclenchaient des petites pannes – alarmes moteur, ordinateur, téléphone iridium – et des rendez vous sans personne comme pour nettoyer la coque – le tout avec un manque de sérénité du au fait que nous étions devenu illégal avec des passeports tamponnés depuis plusieurs jours, l’immigration qui tourne de temps en temps dans la marina. Mais le yacht club ferme les yeux sur nos départs remis de jours en jours, sachant que tous les bateaux agissent de même, à leur risque évidemment. Nous sommes partis un jeudi puisque le vendredi arrivait un bateau à notre place. Plus de retard possible malgré une météo fort peu engageante nous assurant du petit temps, ce que nous avons donc eu. Le spectacle de la montagne de la table et de ses voisines dans notre arrière perdura longtemps. Depuis cette nuit, le vent nous visite en provenance du sud sud ouest et la vie à bord s’installe doucement. Shams, notre équipier novice présente des talents de barreurs et il a efficacement œuvré dans ces petits airs tournants des jours derniers. A midi, steak d’autruche en miroton ….
Lundi 6 mars par 29°45S et12°42E.